La pluriethnicité : une richesse à exploiter
Malgré que je n’aie jamais vraiment enseigné dans une classe pluriethnique jusqu’à présent, j’ai tout de même un intérêt poussé pour ce genre de milieu puisque les autres cultures et les langues étrangères ont toujours fait partie de mes intérêts (voir le message Mes intérêts). Ainsi, à mon avis, la pluriethnicité constitue une richesse, une source d’enrichissement, car elle implique un partage de cultures, de valeurs, d’habitudes, d’histoires, de traditions, etc. entre les différents agents de la classe. Ce partage devient bénéfique dans la mesure où chacun est accepté dans sa différence. On parle alors de différence dans l’identité, mais aussi d’identité dans la différence. De plus, selon moi, le respect ainsi que l’ouverture d’esprit représentent des conditions nécessaires au partage des différences. Ces valeurs font d’ailleurs partie des quatre valeurs pédagogiques que je prône dans mon enseignement (voir le message Mes valeurs pédagogiques [2]). J’ajouterais que le dialogue, le partage et l’écoute de l’autre sont également des conditions nécessaires au bon fonctionnement d'une classe pluriethnique.
La pluriethnicité : une adaptation nécessaire
Ainsi, malgré que je soutienne que la pluriethnicité constitue une expérience enrichissante autant pour l’enseignant que pour les élèves, je suis toutefois consciente qu’un milieu fortement pluriethnique implique une adaptation dans les pratiques de l’enseignant et peut donc engendrer, chez ce dernier, un certain stress, une certaine crainte. Effectivement, il est important, dans une classe pluriethnique, d’adapter son enseignement à la réalité de chacun des enfants. De plus, dans un tel contexte multiethnique, il est nécessaire de considérer que la différence entre les réalités de chacun des enfants est beaucoup plus grande que dans un milieu plus homogène. Cette distinction amène l’idée que l’enseignant doit tout d’abord s’informer sur les ethnies de sa classe afin de mieux intervenir et de mieux comprendre chacun des élèves. Je pense entre autres aux fêtes religieuses qui diffèrent énormément d’une ethnie à l’autre. En milieu pluriethnique, contrairement à ce que j’ai connu en stage jusqu’à présent, les fêtes chrétiennes telles que Noël ou Pâques ne sont pas célébrées par tous les enfants et ne peuvent donc pas être abordées de la même façon qu’en milieu plus homogène. Dans le même ordre d’idées, certains enfants s’absentent aussi de plus en plus pour des motifs religieux, d’où l’importance de bien communiquer avec les parents afin d’éviter que l’enfant ne prenne du retard.
La pluriethnicité et le cours d’éthique et de culture religieuse
En ce qui concerne les religions, le cours d’éthique et de culture religieuse permet justement à l’enseignant de s’ouvrir aux diverses religions pratiquées par les élèves de la classe. Ainsi, comme vu dans le cours universitaire sur l'éthique et la culture religieuse (MOR5090), plutôt que d’être dans une approche confessionnelle ou critique de la religion comme auparavant, on est maintenant plongé dans une approche culturelle qui vise le décodage et la compréhension des signes religieux. La visée n’est donc plus la recherche de sens ou la quête de réponses à des questions existentielles, mais plutôt la compréhension cognitive du sens des signes. Ce changement dans la pratique enseignante amène l’idée que l’approche culturelle de la religion est nécessaire au développement de l’aptitude du vivre-ensemble puisque le cours d’éthique et de culture religieuse atténue l’ignorance et les préjugés envers les autres cultures.
La pluriethnicité et la discrimination
Le lien entre la pluriethnicité et la discrimination peut être vu à deux niveaux. Du premier point de vue, on pourrait dire que plus un milieu est pluriethnique, plus les différences sont importantes entre les individus et donc, plus la discrimination est proéminente. Du deuxième point de vue, on pourrait aussi en dire le contraire : plus le milieu est homogène, moins les enfants sont sensibilisés à la différence et plus ils sont enclins à la discrimination. Ainsi, peu importe le type de milieu dans lequel on enseigne, il est certain que certaines différences se feront sentir dans les bagages culturels des élèves et que la discrimination pourra alors apparaître. Voici donc certains outils qui peuvent aider l’enseignant à intervenir dans de telles situations :
-vidéo vue dans le cadre du cours universitaire Éducation et pluriethnicité au Québec (ASC2047) et disponible sur le site internet de Radio-Canada à l’adresse suivante :
http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/enjeux/niveau2_10939.shtml#page=ref_repertoire
***Il s’agit en fait d’un reportage portant sur une enseignante qui a choisi de faire vivre la discrimination à ses élèves afin de les sensibiliser à leurs comportements envers un élève souffre-douleur de la classe. Cette vidéo est pertinente autant pour les enseignants et les enfants puisqu’elle est très parlante.
-centre de documentation en ligne sur la discrimination :
http://www2.csdm.qc.ca/sassc/script/themes/Discrimination.htmpage=ref_repertoire
***Ce site comprend un nombre impressionnant de sites internet ou de livres sur différents sujets reliés à la discrimination: taxage, intimidation, homophobie, etc. C'est un essentiel à consulter!
-article sur la discrimination à l’école :
http://www.ceras-projet.org/index.php?id=2456page=ref_repertoire
***Cet article parle de la situation actuelle dans les écoles et sur le rôle des enseignants dans le combat contre la discrimination.
La classe de Madame Lise
Dans le cadre du cours Éducation et pluriethnicité au Québec (ASC2047), j’ai eu la chance de visionner un reportage expliquant le quotidien d’une enseignante, Madame Lise, qui travaille dans une école pluriethnique de Montréal (quartier Parc Extension) dont un extrait est diffusé à l’adresse internet suivante :
http://www.radio-canada.ca/documentaires/play-video/index.asp?idContenu=2843
Ainsi, dans le cadre de mon cours universitaire sur la pluriethnicité, j’ai été amenée à avoir une vision critique en ce qui concerne les interventions de l’enseignante présentés dans la vidéo. Voici les idées principales de ma dissertation critique quant aux pratiques de Madame Lise.
Les interventions appropriées en milieu pluriethnique
« Dans le documentaire La classe de Madame Lise, plusieurs interventions m’ont paru appropriées dans un contexte pluriethnique. Tout d’abord, j’ai trouvé très intéressant le fait que l’enseignante épingle la photo de chaque enfant au-dessus de son pays d’origine sur une carte du monde géante et qu’elle questionne les enfants sur leur langue maternelle. Cette activité de connaissance est tout à fait appropriée en début d’année, car elle permet à l’enseignante, tout comme aux enfants, d’apprendre les diverses origines des élèves de la classe. Dans le même ordre d’idées, j’ai également trouvé que la présentation du film sur l’historique du quartier Parc Extension ainsi que le bricolage sur un poisson imaginaire unique représentent des activités pertinentes à réaliser dans un milieu pluriethnique puisqu’elles permettent respectivement de créer un sentiment d’appartenance chez les élèves (étant donné qu’ils en apprennent plus sur leur quartier et les gens qui le constituent) et de montrer que tous les poissons sont différents (ce qui vient faire le lien avec le fait que tous les enfants sont aussi uniques). L’activité qui consistait à dormir une nuit dans la classe en est une très importante à mon avis, car elle permet elle aussi de développer un sentiment d’appartenance et favorise un meilleur rapprochement entre l’enseignante et les élèves, ce qui est très approprié étant donné l’importance des différences entre les élèves de la classe. »
Interventions ou propos inadéquats dans un contexte pluriethnique
« À l’opposé des interventions, propos ou activités appropriées dans un contexte pluriethnique présentées précédemment, certains passages du documentaire m’ont toutefois semblé inadéquats. Par exemple, l’enseignante mentionne, au début du documentaire, que les parents des élèves de sa classe ne parlent que rarement le français, ce qui fait en sorte qu’ils ne s’intègrent pas à la société. Ce propos est inadéquat dans un contexte pluriethnique puisqu’il traduit en fait une attitude d’ethnocentrisme. Dans le même ordre d’idées, l’enseignante porte également un jugement défavorable envers une jeune fille d’une autre origine en la qualifiant de sauvage parce qu’à son entrée à la maternelle, l’enfant s’enfuyait de sa classe pour aller rejoindre une autre petite fille qui parlait la même langue qu’elle (le « twi ») alors qu’elle ne comprenait sûrement pas son enseignante francophone. Je ne crois pas qu’un tel qualificatif est acceptable puisqu’il est en fait compréhensible de vouloir retrouver une certaine sécurité lorsqu’on ne comprend pas la langue de la personne qui s’adresse à nous durant toute la journée. En allant rejoindre son amie, la jeune fille recherchait des repères connus, ce qui ne fait pas d’elle une sauvage pour autant.
En ce qui concerne les activités instaurées par l’enseignante et les interventions qu’elle effectuait à travers celles-ci, je crois que l’exercice au cours duquel les enfants devaient tracer un sapin jaune et un sapin rouge sur une ligne verte ne convenait pas nécessairement à tous les élèves de cette classe pluriethnique. Effectivement, il a été possible de constater qu’un garçon n’avait aucune idée de ce qu’est un sapin et semblait totalement découragé par l’activité. L’enseignante lui a alors montré le dessin d’un autre enfant et lui a dit : « Tu vois, tu sais c’est quoi un sapin. C’est comme à Noël. » Étant donné que l’enfant ne semblait toujours pas saisir, elle a fait l’activité avec lui, puis elle lui a demandé de dire qu’il est capable de tout faire. Personnellement, je trouve que l’enseignante aurait dû s’assurer que l’enfant comprenne réellement ce qu’est un sapin non pas en référant à la fête de Noël, mais plutôt en référant aux conifères en général. En fait, il aurait même été préférable d’utiliser un autre objet connu de tous les élèves, ce qui aurait permis d’éviter de créer un obstacle épistémologique dû à la notion de sapin chez cet élève. Finalement, la discussion sur la fête de l’halloween animée par l’enseignante m’a aussi paru plus ou moins adéquate puisque les enfants qui ne l’avaient pas fêtée (à cause de leur religion) semblaient très déçus. Il est cependant intéressant de voir que quelques-uns d’entre eux ont pu expliquer pourquoi ils n’ont pas participé à cette fête (autres religions). »
Apprentissages en lien avec ma future pratique en enseignement
« De façon générale, ce documentaire m’a donné le goût d’enseigner dans un milieu pluriethnique. Je crois que la classe de Madame Lise est très riche puisque chaque enfant apporte une couleur et une saveur différentes à la classe. Il est très intéressant de voir les différents échanges entre les enfants et de voir leur complicité malgré leurs différences. J’ai été particulièrement marquée par les parents des élèves qui ne peuvent souvent pas les aider dans leurs devoirs et qui décident parfois de voyager pour un long moment même s’ils mettent l’année scolaire de leur enfant en péril. Je crois que ces attitudes nécessitent, comme nous l’a montré le reportage, des interventions particulières de la part de l’enseignante et du personnel de l’école. On se doit de créer un bon contact avec les parents, même si la barrière de la langue peut parfois être difficile à franchir. Par ailleurs, je pense aussi qu’il est primordial de développer un sentiment d’appartenance chez les élèves et de favoriser le partage de leurs cultures. Les interventions et les propos des enseignants et des autres intervenants de l’école doivent être en lien avec ces éléments, c’est-à-dire qu’ils doivent miser sur le respect et l’épanouissement de chaque enfant. Dans un contexte pluriethnique, il est particulièrement important de considérer que chaque enfant a une histoire, une culture et un bagage différents. On se doit donc de les accepter tels qu’ils sont et surtout, de savoir répondre à leurs besoins spécifiques en mettant en place une multitude de ressources disponibles autant pour les enfants que leurs parents. »
Un texte intéressant sur la pluriethnicité et la différence
Dans le cadre du cours Fondements de l’éducation (FPE2150), j’ai dû chercher des fragments de livres parlant de différents thèmes tels que le pluralisme, l’identité de l’enfant, le dialogue pédagogique, etc. Parmi les extraits choisis, celui présenté ci-dessous est tout particulièrement pertinent et intéressant.
Source : Martineau, Robert. Éducation et formation à la citoyenneté. Guide de références, p. 55
« Lorsqu’il est question de pluralisme, les convergences et les divergences entre les individus et les groupes réfèrent presque invariablement à des questions relatives à la culture et à l’identité. Plus précisément, l’enjeu central est celui de la reconnaissance des identités. En d’autres termes, comment se reconnaît-on, dans une société, entre individus caractérisés par de multiples différences?
La reconnaissance de la diversité commande une réflexion sur la question de la différence et de l’unité de l’identité. Dans quel sens? Que peut-on dire de la notion de différence?
Une différence est essentiellement une relation dialectique entre deux aspects contraires, voire opposés d’une même réalité. Ce qui fait la richesse de cette réalité, c’est précisément le fait qu’elle se présente comme une unité dans la diversité, une identité dans la différence, une différence dans l’identité.
La différence, source d’information provocatrice de changements, fait toujours partie d’un contexte, d’une situation d’interface, qui lui donne son sens. La description et l’analyse seront d’autant plus stimulantes que l’on prendra soin de relever, comme une carte, les plus petites différences présentes dans les aspects multiples de cette situation. L’interprétation de ces différences n’est guère chose facile, car elle est influencée, ici et maintenant, par l’histoire personnelle, familiale et sociale de chaque individu, par son éducation, sa formation et ses conditions de vie, par la place qu’il occupe dans la société civile et politique, et par son degré d’intériorisation des idéologies et des normes de la culture dominante.
Ce qu’il est primordial de souligner ici, c’est le caractère indissociable des deux tendances inhérentes à tout être en devenir, l’identité qui se différencie dans un processus de division interne pour actualiser toutes ses potentialités, et la différence qui cherche à se dépasser dans une unité concrète plus riche et plus complexe. »
Un stage pluriethnique à venir
Je terminerais en ajoutant que mon quatrième stage qui se déroulera dans une école pluriethnique de Brossard m’enthousiasme beaucoup. Je compte en profiter pour expérimenter des projets hors du commun et pour amener les élèves à m’en apprendre plus sur leur culture.
Malgré que je n’aie jamais vraiment enseigné dans une classe pluriethnique jusqu’à présent, j’ai tout de même un intérêt poussé pour ce genre de milieu puisque les autres cultures et les langues étrangères ont toujours fait partie de mes intérêts (voir le message Mes intérêts). Ainsi, à mon avis, la pluriethnicité constitue une richesse, une source d’enrichissement, car elle implique un partage de cultures, de valeurs, d’habitudes, d’histoires, de traditions, etc. entre les différents agents de la classe. Ce partage devient bénéfique dans la mesure où chacun est accepté dans sa différence. On parle alors de différence dans l’identité, mais aussi d’identité dans la différence. De plus, selon moi, le respect ainsi que l’ouverture d’esprit représentent des conditions nécessaires au partage des différences. Ces valeurs font d’ailleurs partie des quatre valeurs pédagogiques que je prône dans mon enseignement (voir le message Mes valeurs pédagogiques [2]). J’ajouterais que le dialogue, le partage et l’écoute de l’autre sont également des conditions nécessaires au bon fonctionnement d'une classe pluriethnique.
La pluriethnicité : une adaptation nécessaire
Ainsi, malgré que je soutienne que la pluriethnicité constitue une expérience enrichissante autant pour l’enseignant que pour les élèves, je suis toutefois consciente qu’un milieu fortement pluriethnique implique une adaptation dans les pratiques de l’enseignant et peut donc engendrer, chez ce dernier, un certain stress, une certaine crainte. Effectivement, il est important, dans une classe pluriethnique, d’adapter son enseignement à la réalité de chacun des enfants. De plus, dans un tel contexte multiethnique, il est nécessaire de considérer que la différence entre les réalités de chacun des enfants est beaucoup plus grande que dans un milieu plus homogène. Cette distinction amène l’idée que l’enseignant doit tout d’abord s’informer sur les ethnies de sa classe afin de mieux intervenir et de mieux comprendre chacun des élèves. Je pense entre autres aux fêtes religieuses qui diffèrent énormément d’une ethnie à l’autre. En milieu pluriethnique, contrairement à ce que j’ai connu en stage jusqu’à présent, les fêtes chrétiennes telles que Noël ou Pâques ne sont pas célébrées par tous les enfants et ne peuvent donc pas être abordées de la même façon qu’en milieu plus homogène. Dans le même ordre d’idées, certains enfants s’absentent aussi de plus en plus pour des motifs religieux, d’où l’importance de bien communiquer avec les parents afin d’éviter que l’enfant ne prenne du retard.
La pluriethnicité et le cours d’éthique et de culture religieuse
En ce qui concerne les religions, le cours d’éthique et de culture religieuse permet justement à l’enseignant de s’ouvrir aux diverses religions pratiquées par les élèves de la classe. Ainsi, comme vu dans le cours universitaire sur l'éthique et la culture religieuse (MOR5090), plutôt que d’être dans une approche confessionnelle ou critique de la religion comme auparavant, on est maintenant plongé dans une approche culturelle qui vise le décodage et la compréhension des signes religieux. La visée n’est donc plus la recherche de sens ou la quête de réponses à des questions existentielles, mais plutôt la compréhension cognitive du sens des signes. Ce changement dans la pratique enseignante amène l’idée que l’approche culturelle de la religion est nécessaire au développement de l’aptitude du vivre-ensemble puisque le cours d’éthique et de culture religieuse atténue l’ignorance et les préjugés envers les autres cultures.
La pluriethnicité et la discrimination
Le lien entre la pluriethnicité et la discrimination peut être vu à deux niveaux. Du premier point de vue, on pourrait dire que plus un milieu est pluriethnique, plus les différences sont importantes entre les individus et donc, plus la discrimination est proéminente. Du deuxième point de vue, on pourrait aussi en dire le contraire : plus le milieu est homogène, moins les enfants sont sensibilisés à la différence et plus ils sont enclins à la discrimination. Ainsi, peu importe le type de milieu dans lequel on enseigne, il est certain que certaines différences se feront sentir dans les bagages culturels des élèves et que la discrimination pourra alors apparaître. Voici donc certains outils qui peuvent aider l’enseignant à intervenir dans de telles situations :
-vidéo vue dans le cadre du cours universitaire Éducation et pluriethnicité au Québec (ASC2047) et disponible sur le site internet de Radio-Canada à l’adresse suivante :
http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/enjeux/niveau2_10939.shtml#page=ref_repertoire
***Il s’agit en fait d’un reportage portant sur une enseignante qui a choisi de faire vivre la discrimination à ses élèves afin de les sensibiliser à leurs comportements envers un élève souffre-douleur de la classe. Cette vidéo est pertinente autant pour les enseignants et les enfants puisqu’elle est très parlante.
-centre de documentation en ligne sur la discrimination :
http://www2.csdm.qc.ca/sassc/script/themes/Discrimination.htmpage=ref_repertoire
***Ce site comprend un nombre impressionnant de sites internet ou de livres sur différents sujets reliés à la discrimination: taxage, intimidation, homophobie, etc. C'est un essentiel à consulter!
-article sur la discrimination à l’école :
http://www.ceras-projet.org/index.php?id=2456page=ref_repertoire
***Cet article parle de la situation actuelle dans les écoles et sur le rôle des enseignants dans le combat contre la discrimination.
La classe de Madame Lise
Dans le cadre du cours Éducation et pluriethnicité au Québec (ASC2047), j’ai eu la chance de visionner un reportage expliquant le quotidien d’une enseignante, Madame Lise, qui travaille dans une école pluriethnique de Montréal (quartier Parc Extension) dont un extrait est diffusé à l’adresse internet suivante :
http://www.radio-canada.ca/documentaires/play-video/index.asp?idContenu=2843
Ainsi, dans le cadre de mon cours universitaire sur la pluriethnicité, j’ai été amenée à avoir une vision critique en ce qui concerne les interventions de l’enseignante présentés dans la vidéo. Voici les idées principales de ma dissertation critique quant aux pratiques de Madame Lise.
Les interventions appropriées en milieu pluriethnique
« Dans le documentaire La classe de Madame Lise, plusieurs interventions m’ont paru appropriées dans un contexte pluriethnique. Tout d’abord, j’ai trouvé très intéressant le fait que l’enseignante épingle la photo de chaque enfant au-dessus de son pays d’origine sur une carte du monde géante et qu’elle questionne les enfants sur leur langue maternelle. Cette activité de connaissance est tout à fait appropriée en début d’année, car elle permet à l’enseignante, tout comme aux enfants, d’apprendre les diverses origines des élèves de la classe. Dans le même ordre d’idées, j’ai également trouvé que la présentation du film sur l’historique du quartier Parc Extension ainsi que le bricolage sur un poisson imaginaire unique représentent des activités pertinentes à réaliser dans un milieu pluriethnique puisqu’elles permettent respectivement de créer un sentiment d’appartenance chez les élèves (étant donné qu’ils en apprennent plus sur leur quartier et les gens qui le constituent) et de montrer que tous les poissons sont différents (ce qui vient faire le lien avec le fait que tous les enfants sont aussi uniques). L’activité qui consistait à dormir une nuit dans la classe en est une très importante à mon avis, car elle permet elle aussi de développer un sentiment d’appartenance et favorise un meilleur rapprochement entre l’enseignante et les élèves, ce qui est très approprié étant donné l’importance des différences entre les élèves de la classe. »
Interventions ou propos inadéquats dans un contexte pluriethnique
« À l’opposé des interventions, propos ou activités appropriées dans un contexte pluriethnique présentées précédemment, certains passages du documentaire m’ont toutefois semblé inadéquats. Par exemple, l’enseignante mentionne, au début du documentaire, que les parents des élèves de sa classe ne parlent que rarement le français, ce qui fait en sorte qu’ils ne s’intègrent pas à la société. Ce propos est inadéquat dans un contexte pluriethnique puisqu’il traduit en fait une attitude d’ethnocentrisme. Dans le même ordre d’idées, l’enseignante porte également un jugement défavorable envers une jeune fille d’une autre origine en la qualifiant de sauvage parce qu’à son entrée à la maternelle, l’enfant s’enfuyait de sa classe pour aller rejoindre une autre petite fille qui parlait la même langue qu’elle (le « twi ») alors qu’elle ne comprenait sûrement pas son enseignante francophone. Je ne crois pas qu’un tel qualificatif est acceptable puisqu’il est en fait compréhensible de vouloir retrouver une certaine sécurité lorsqu’on ne comprend pas la langue de la personne qui s’adresse à nous durant toute la journée. En allant rejoindre son amie, la jeune fille recherchait des repères connus, ce qui ne fait pas d’elle une sauvage pour autant.
En ce qui concerne les activités instaurées par l’enseignante et les interventions qu’elle effectuait à travers celles-ci, je crois que l’exercice au cours duquel les enfants devaient tracer un sapin jaune et un sapin rouge sur une ligne verte ne convenait pas nécessairement à tous les élèves de cette classe pluriethnique. Effectivement, il a été possible de constater qu’un garçon n’avait aucune idée de ce qu’est un sapin et semblait totalement découragé par l’activité. L’enseignante lui a alors montré le dessin d’un autre enfant et lui a dit : « Tu vois, tu sais c’est quoi un sapin. C’est comme à Noël. » Étant donné que l’enfant ne semblait toujours pas saisir, elle a fait l’activité avec lui, puis elle lui a demandé de dire qu’il est capable de tout faire. Personnellement, je trouve que l’enseignante aurait dû s’assurer que l’enfant comprenne réellement ce qu’est un sapin non pas en référant à la fête de Noël, mais plutôt en référant aux conifères en général. En fait, il aurait même été préférable d’utiliser un autre objet connu de tous les élèves, ce qui aurait permis d’éviter de créer un obstacle épistémologique dû à la notion de sapin chez cet élève. Finalement, la discussion sur la fête de l’halloween animée par l’enseignante m’a aussi paru plus ou moins adéquate puisque les enfants qui ne l’avaient pas fêtée (à cause de leur religion) semblaient très déçus. Il est cependant intéressant de voir que quelques-uns d’entre eux ont pu expliquer pourquoi ils n’ont pas participé à cette fête (autres religions). »
Apprentissages en lien avec ma future pratique en enseignement
« De façon générale, ce documentaire m’a donné le goût d’enseigner dans un milieu pluriethnique. Je crois que la classe de Madame Lise est très riche puisque chaque enfant apporte une couleur et une saveur différentes à la classe. Il est très intéressant de voir les différents échanges entre les enfants et de voir leur complicité malgré leurs différences. J’ai été particulièrement marquée par les parents des élèves qui ne peuvent souvent pas les aider dans leurs devoirs et qui décident parfois de voyager pour un long moment même s’ils mettent l’année scolaire de leur enfant en péril. Je crois que ces attitudes nécessitent, comme nous l’a montré le reportage, des interventions particulières de la part de l’enseignante et du personnel de l’école. On se doit de créer un bon contact avec les parents, même si la barrière de la langue peut parfois être difficile à franchir. Par ailleurs, je pense aussi qu’il est primordial de développer un sentiment d’appartenance chez les élèves et de favoriser le partage de leurs cultures. Les interventions et les propos des enseignants et des autres intervenants de l’école doivent être en lien avec ces éléments, c’est-à-dire qu’ils doivent miser sur le respect et l’épanouissement de chaque enfant. Dans un contexte pluriethnique, il est particulièrement important de considérer que chaque enfant a une histoire, une culture et un bagage différents. On se doit donc de les accepter tels qu’ils sont et surtout, de savoir répondre à leurs besoins spécifiques en mettant en place une multitude de ressources disponibles autant pour les enfants que leurs parents. »
Un texte intéressant sur la pluriethnicité et la différence
Dans le cadre du cours Fondements de l’éducation (FPE2150), j’ai dû chercher des fragments de livres parlant de différents thèmes tels que le pluralisme, l’identité de l’enfant, le dialogue pédagogique, etc. Parmi les extraits choisis, celui présenté ci-dessous est tout particulièrement pertinent et intéressant.
Source : Martineau, Robert. Éducation et formation à la citoyenneté. Guide de références, p. 55
« Lorsqu’il est question de pluralisme, les convergences et les divergences entre les individus et les groupes réfèrent presque invariablement à des questions relatives à la culture et à l’identité. Plus précisément, l’enjeu central est celui de la reconnaissance des identités. En d’autres termes, comment se reconnaît-on, dans une société, entre individus caractérisés par de multiples différences?
La reconnaissance de la diversité commande une réflexion sur la question de la différence et de l’unité de l’identité. Dans quel sens? Que peut-on dire de la notion de différence?
Une différence est essentiellement une relation dialectique entre deux aspects contraires, voire opposés d’une même réalité. Ce qui fait la richesse de cette réalité, c’est précisément le fait qu’elle se présente comme une unité dans la diversité, une identité dans la différence, une différence dans l’identité.
La différence, source d’information provocatrice de changements, fait toujours partie d’un contexte, d’une situation d’interface, qui lui donne son sens. La description et l’analyse seront d’autant plus stimulantes que l’on prendra soin de relever, comme une carte, les plus petites différences présentes dans les aspects multiples de cette situation. L’interprétation de ces différences n’est guère chose facile, car elle est influencée, ici et maintenant, par l’histoire personnelle, familiale et sociale de chaque individu, par son éducation, sa formation et ses conditions de vie, par la place qu’il occupe dans la société civile et politique, et par son degré d’intériorisation des idéologies et des normes de la culture dominante.
Ce qu’il est primordial de souligner ici, c’est le caractère indissociable des deux tendances inhérentes à tout être en devenir, l’identité qui se différencie dans un processus de division interne pour actualiser toutes ses potentialités, et la différence qui cherche à se dépasser dans une unité concrète plus riche et plus complexe. »
Un stage pluriethnique à venir
Je terminerais en ajoutant que mon quatrième stage qui se déroulera dans une école pluriethnique de Brossard m’enthousiasme beaucoup. Je compte en profiter pour expérimenter des projets hors du commun et pour amener les élèves à m’en apprendre plus sur leur culture.

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